Matières Premières – Exposition collective

ActualitésProgrammation

#Exposition # LaVentouse

Matières Premières – Exposition collective

A l’heure de l’anthropocène galopant, où les ressources se raréfient et la planète bleue se vide progressivement de ses innombrables formes de vie, les artistes observent et remettent au centre de leurs œuvres, les matières qu’iels utilisent.

Iels en questionnent les origines, les déplacements et les exploitations, afin d’en saisir les contours et de s’emparer du manque engendré par la main de l’Homme. Leurs matières se dessinent en creux, dans les sillons de ce qui a été prélevé pour venir alimenter la consommation croissante du confort et du loisir.

Le sujet des matières premières est aussi vaste que complexe. Compte tenu des pénuries exponentielles instaurées depuis l’ère industrielle, il est l’enjeu géo-économique et politique majeur des années à venir. Et les ressources de l’art n’échappent pas non plus à ce sort compromettant malgré leur noble vocation.

Telle une ponctuation s’infiltrant dans les discours bienséants portés par le système de l’art contemporain sur la crise écologique, l’exposition “Matières Premières” propose une restreinte sélection de regards tournés vers les paysages disparus, écrasés par une production effrénée.

Une drôle de cartographie s’esquisse alors entre les tunnels de mines de charbon dessinés par Benoît Billotte, les vues satellitaires de la Terre revisitées par les bactéries de Charlotte Gautier Van Tour, l’étrange herbier monétaire conçu par Yann Lestrat et les motifs photographiques d’une ZAD démantelée qu’Hélène Thiennot a tirés sur les vestiges-mêmes de la mobilisation.

Dans la continuité des questionnements proposés par La Ventouse autour des chantiers d’exposition et des matériaux de l’art, les artistes invité.e.s nous emmènent sur les traces de quelques unes de ces matières qui façonnent notre quotidien. De nouvelles formes à l’allure fantomatique émergent ainsi, faisant de l’entropie une métaphore idéale pour raconter le geste humain, aux pouvoirs à la fois destructeur et créateur.

 

Licia Demuro, commissaire de l’exposition

 

Les herbes folles, 2019-2021, Installation, ensemble de 34 photographies argentiques tirées sur plaques de bois format variable
Les herbes folles, 2019-2021, Installation, ensemble de 34 photographies argentiques tirées sur plaques de bois format variable
Yann Lestrat, Herbier, depuis 2011, billets de banque découpé, 24 x 24 cm
Yann Lestrat, Herbier, depuis 2011, billets de banque découpé, 24 x 24 cm
Charlotte Gautier Van Tour, Top view (Earth archive), 2021, agar-agar, spiruline, pigments naturels, Installation in-situ
Charlotte Gautier Van Tour, Top view (Earth archive), 2021, agar-agar, spiruline, pigments naturels, Installation in-situ
Benoît Billotte, Les Indes noires, 2015, dessins à l’encre de Chine, charbon et spray sur papier arche 100 x 65 cm
Benoît Billotte, Château de sable, 2012, dessin au sable sur verre, dimensions variables

©2022 Octopus