(s)low art – L’art à l’âge des low-tech

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(s)low art – L’art à l’âge des low-tech

Les manifestations toujours plus concrètes du changement climatique confirment sans réserves l’échec de l’idéologie du progrès technologique véhiculée par nos sociétés occidentales depuis les débuts de l’ère industrielle. Ainsi, face à l’épuisement croissant des ressources, l’être humain se retrouve forcé d’élaborer des solutions alternatives pour continuer de subvenir à ses besoins. Mais cela pose la question incontournable de savoir quels sont ces besoins (1) ? D’autant plus qu’aujourd’hui la frontière qui les distingue du désir de confort s’avère troublée par des décennies d’économie capitaliste qui n’a eu de cesse d’inventer et de spéculer sur de nouvelles nécessités.

C’est pourquoi le concept “décroissant” de low-tech – apparu dès les années 1970 pour prôner une approche de la technique autonome, durable et accessible – tente avant tout de redéfinir la notion de “l’utile” et du “nécessaire” à l’aune de la société contemporaine. Pour cela, les penseur.se.s des low tech se réfèrent notamment aux “Besoins humains fondamentaux” de l’économiste Manfred Max-Neef (1990) (2), qui repose sur un classement non hiérarchisée où le besoin de subsistance n’est plus considéré comme seul point de départ. De la protection à l’identité en passant par la liberté et la création, neuf grandes typologies de besoins y sont proposées, toutes interdépendantes.

Lorsqu’on s’intéresse de plus près au besoin de création, on se rend compte qu’il a engendré des élans formidables de production artistique pour élaborer de nouveaux matériaux et des nouveaux dispositifs technologiques toujours plus performants et spectaculaires. De ce fait, l’impasse écologique est d’autant plus vécue par les acteurs du monde de l’art comme un frein à l’expressivité, et semble toujours être davantage abordée du point de vue du sujet que du point de vue des moyens matériels.

Cependant, certain.e.s artistes osent se saisir de l’approche low-tech pour l’impulser dans leur processus créatif. Interrogeant leur rapport à la technique au sein même de leurs œuvres, iels révèlent et réinventent les rouages invisibilisés par l’industrie afin d’explorer une possible autonomie sur leurs moyens de production.

L’exposition (s)low art invite ces artistes qui se tournent vers la recherche et l’ingénierie pour imaginer de nouvelles façons de produire de l’art. Grâce à une démarche fondée sur l’enquête sociologique, la participation et la convivialité, les machines contemporaines sont tantôt analysées et démontées (raffard-roussel), tantôt récrées et réinventées au service d’autres artistes (François Dufeil invitant la peintre Melissa Sinapan) ou du public (Louis Clais & Marie Glaize).

Si « conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil”(3), la démarche low tech appliquée  au champ de l’art est abordée par le prisme de l’autonomisation, de l’invention et de l’ingéniosité. Elle devient alors un précieux outil conceptuel pour que les acteurs de l’art participent – autant que les autres secteurs de la société – à la construction d’une “civilisation techniquement soutenable” (4).

(s)low art – L’art à l’âge des low-tech | Octopus
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(1) Philippe Bihouix, L’âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable, éd. points, 2013. p. 100
(2) Démarches low-tech. Etat des lieux et perspective. Rapport final. ADEME, mars 2022. p. 11.
(3) Ivan Illich, Tools for conviviality, 1973
(4) Philippe Bihouix, L’âge des low tech, vers une civilisation techniquement soutenable, éd. points, 2013.

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